Jérôme Denis


Maître de conférences en sociologie
TELECOM ParisTech - Département SES
Laboratoire de Traitement et de Communication de l'Information (CNRS UMR 5141)


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Blog : scriptopolis


Thèmes de recherche
 
Mes recherches prennent place au croisement des Science and Technolgy Studies, de l'anthropologie de l'écrit et de la sociologie pragmatique du travail. Elles visent à souligner l'épaisseur pratique et politique des infrastructures informationnelles qui sont le socle, généralement invisible, des sociétés contemporaines
Une grande partie de mes travaux sont menés en collaboration avec David Pontille.

Le travail invisible de l'information : back-office et infrastructures scripturales 
L'idée de « société de l'information » est souvent associée aux métaphores de la fluidité, de la transparence et de l'immatérialité. L'usage répété et non questionné de ces termes masque toutefois les conditions concrètes qui permettent effectivement la circulation accrues d'informations. Récemment, des travaux ont porté sur ces infrastructures informationnelles, soulignant d'une part leur dimension politique et d'autre part leur épaisseur sociale.
Dans le sillage ces analyses, mes recherches portent sur le travail d'entretien et de production de données ou d'informations effectué en coulisses des services associées aux technologies de l'information et de la communication. Elles explorent les formes de son organisation, l'activité de ceux qui l'accomplissent, ainsi que les différentes modalités de son invisibilisation.
Elles questionnent également des propriétés matérielles des dispositifs informationnels peu étudiées jusqu'ici,  en se focalisant sur les activités de maintenance, de nettoyage et de réparation, dans des domaines aussi variés que la signalétique du métro, la sécurité informatique, ou les systèmes d'information et de traçabilité financière.


Travail de maintenance et activités de réparation : la face cachée de l'innovation
Les activités qui visent à réparer ou a maintenir les objets techniches ou les environnements sont restées largement ignorées des sciences sociales et ne font l'objet que depuis quelques années de travaux de recherche approfondis. À l'heure où l'innovation radicale est présentée comme le seul horizon pour le salut de l'humanité, il convient de se pencher sérieusement sur ces innombrables opérations qui font le quotidien des objets des plus simples aux plus complexes et qui assurent concrètement les conditions de leur fonctionnement et de la permanence même de leur existence. Il y a un enjeu à la fois scientifique et politique à cela. Sur le plan scientifique, interroger la maintenance et la réparation permet de sortir du cadre dichotomique, hérité d'Heidegger, qui oppose la routine, le fonctionnement normal et apaisé des objets techniques, aux pannes et autres crises, censées donner à voir sous un jour nouveau les mécanismes de ce qui jusqu'ici était réduit à l'état de boîte noire. Dans les yeux et les mains des travailleurs de la maintenance, les objets sont toujours dans un entre deux de ces deux états. Par ailleurs, réparation et maintenance ouvre aussi la voie à la prise en considération des fragilités et des vulnérabilités matérielles, par-delà les qualités de solidarité et de contrainte que les sciences sociales associent généralement à la notion floue de "matérialité". Sur le plan politique, se pencher sur les activités de maintenance revient à faire remonter à la surface, au sens de Leigh Star, un travail largement invisible dont la valeur est ignorée, voire masquée sur le marché, comme dans les situations d'usages ordinaires. La maintenance et la réparation sont pourtant non seulement des domaines essentiels au maintien des infrastructures techniques, mais elles sont aussi des sites d'innovation qui restent à découvrir.
Mes recherches articulent enquêtes empiriques autour de cas très concrets d'activités de maintenance (signalétique du métro, sécurité informatique…) et réflexions théoriques dans le cadre de réseaux internationaux qui visent à consolider l'émergence de Maintenance & Repair Studies à l'intersection de disciplines variées (sociologie des techniques, sociologie du travail, histoire de l'art, sciences de l'information, géorgaphie humaine…)


Smart Cities, Villes connectées, Open Data : l'écologie informationnelle des espaces publics
Équipées par un nombre toujours plus grand de technologies de l'information, les villes sont en profonde mutation. À côté des discours prophétiques qui annoncent sur un ton critique ou optimiste une révolution technologique qui modifierait la nature même des espaces publics, il est utile de développer des travaux académiques qui inscrivent des enquêtes empiriques approfondies dans la tradition des discussions théoriques à la croisée des Urban Studies et des Sciences and Technologies Studies.
Mes recherches récentes adoptent cette perspective, en partenariat avec des entreprises innovantes, ou des collectivités. Elles portent notamment sur les pratiques de cartographies participatives, la production de données en back-office des services urbains et les initiatives d'open data, ou encore les politiques de régulation des formes d'affichages publics.

 
 
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